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Salaire garanti en Belgique : ouvrier et employé (2026)

Par Publié le 10 min de lecture

Mis à jour et chiffres vérifiés le

jours de salaire garanti pour un employé
30
jours de salaire garanti pour un employé
de la rémunération d'un ouvrier, du 8e au 14e jour
85,88 %
de la rémunération d'un ouvrier, du 8e au 14e jour
semaines de délai pour une rechute
8
semaines de délai pour une rechute

Le salaire garanti est la rémunération que vous continuez à payer vous-même quand un travailleur est malade. Un employé reçoit 100 % de sa rémunération pendant 30 jours civils. Un ouvrier reçoit 100 % la première semaine, puis vous payez un pourcentage dégressif et la mutuelle prend une partie en charge.

Combien de temps payez-vous le salaire garanti en Belgique ?

La période de salaire garanti compte 30 jours civils et commence le premier jour de l'incapacité de travail. Le jour de carence, ce premier jour de maladie non payé des ouvriers, n'existe plus. Ouvriers et employés commencent donc le même jour.

Jours civils ne veut pas dire jours payés. Vous payez uniquement les jours où le travailleur aurait normalement travaillé. Un samedi et un dimanche dans une semaine de cinq jours, un jour de chômage temporaire ou un jour de fermeture collective comptent dans les 30 jours, mais ne vous coûtent rien.

Si le travailleur tombe malade pendant sa journée de travail et rentre chez lui, vous payez cette journée entièrement. C'est le salaire journalier garanti. La période de salaire garanti ne commence que le lendemain.

Après la période de salaire garanti, la mutuelle prend le relais. Pour un employé, c'est à partir du jour 31. Pour un ouvrier, la mutuelle intervient déjà à partir du jour 15, tandis que vous payez un complément jusqu'au jour 30.

Le salaire garanti de l'ouvrier en trois blocs

Pour un ouvrier, les 30 premiers jours sont répartis en trois blocs. À partir du jour 15, vous ne payez plus une rémunération au sens strict, mais un complément à l'indemnité de la mutuelle.

PériodeVous payez comme employeurLa mutuelle paie
Jours 1 à 7100 % de la rémunération normalerien
Jours 8 à 1485,88 % de la rémunération normalerien
Jours 15 à 3025,88 % de la rémunération jusqu'au plafond AMI, plus 85,88 % de la partie au-delà60 % de la rémunération jusqu'au plafond AMI

Le plafond AMI est le plafond salarial de l'assurance maladie-invalidité. Depuis le 1er septembre 2026, il s'élève à 189,36 € bruts par jour, exprimés dans un régime de six jours par semaine. La plupart des ouvriers restent en dessous. Pour eux, vous ne payez à partir du jour 15 que les 25,88 % et la mutuelle complète.

Chaque bloc a son propre code dans la déclaration à l'ONSS : la deuxième semaine à part, les jours suivants comme complément selon la convention collective de travail (CCT) n° 12bis. Votre gestion salariale doit donc bien séparer ces blocs, sinon la fiche de paie du mois de maladie sera fausse.

Le salaire garanti de l'employé : trente jours complets

Un employé sous contrat à durée indéterminée, ou à durée déterminée d'au moins 3 mois, reçoit 100 % de sa rémunération pendant 30 jours civils. Il n'y a pas de condition d'ancienneté : même un employé engagé la semaine passée y a droit. À partir du jour 31, la mutuelle verse 60 % de la rémunération brute plafonnée.

Un employé sous contrat de moins de 3 mois, ou engagé pour un travail qui dure normalement moins longtemps, relève du régime des ouvriers. Il lui faut alors un mois d'ancienneté et il reçoit :

PériodeVous payez comme employeur
Jours 1 à 7100 %
Jours 8 à 1486,93 %
Jours 15 à 3026,93 % de la rémunération jusqu'au plafond AMI, plus 86,93 % au-delà

Cette distinction passe souvent inaperçue. Un contrat de remplacement de deux mois pour un employé dans le commerce de gros ne donne pas droit à 30 jours de rémunération complète.

Exemple chiffré : salaire garanti d'un ouvrier et d'un employé

Deux travailleurs gagnent le même salaire : 140 € bruts par jour de travail, dans une semaine de cinq jours du lundi au vendredi. Tous deux tombent malades un lundi, pour 30 jours civils. Cette période compte 22 jours de travail : 5 la première semaine, 5 la deuxième et 12 entre le jour 15 et le jour 30.

Une rémunération de 140 € par jour dans une semaine de cinq jours correspond à environ 116,67 € dans une semaine de six jours, bien en dessous du plafond AMI de 189,36 €. Pour l'ouvrier, vous payez donc à partir du jour 15 les 25,88 % sur toute la rémunération journalière.

PériodeJours de travailOuvrierEmployé
Jours 1 à 755 × 140 € × 100 % = 700,00 €5 × 140 € = 700,00 €
Jours 8 à 1455 × 140 € × 85,88 % = 601,16 €5 × 140 € = 700,00 €
Jours 15 à 301212 × 140 € × 25,88 % = 434,78 €12 × 140 € = 1 680,00 €
Total brut221 735,94 €3 080,00 €

Pour l'employé, vous payez ce mois-là 1 344,06 € de rémunération brute de plus que pour l'ouvrier. Cela ne veut pas dire que l'ouvrier touche moitié moins : à partir du jour 15, il reçoit en plus de votre complément une indemnité de 60 % de la mutuelle. Pour l'employé, la mutuelle n'intervient qu'à partir du jour 31.

Deux éléments modifient le résultat. Si la maladie commence un mercredi, le nombre de jours de travail par bloc se déplace. Si un jour férié tombe dans la période, vous le payez selon les règles des jours fériés. Faites calculer le tout jour par jour par votre gestion salariale.

Le salaire garanti pendant le premier mois d'occupation

Un ouvrier n'a droit au salaire garanti qu'après 1 mois de service ininterrompu. La même condition vaut pour un employé sous contrat de moins de 3 mois. Un employé sous contrat ordinaire n'a pas de délai d'attente.

Et si l'ouvrier tombe malade pendant son premier mois ? Vous ne payez rien jusqu'à ce qu'il atteigne le mois d'ancienneté. À partir de ce moment, il reçoit le salaire garanti pour les jours restants des 30 premiers jours de maladie. Pour les jours précédents, il demande une indemnité à sa mutuelle.

Prenons un exemple. Un chauffeur commence le 5 août et tombe malade le 27 août pour trois semaines. À partir du 5 septembre, il a un mois d'ancienneté. Du 27 août au 4 septembre, vous ne payez rien. Le 5 septembre, il en est au jour 10 de sa maladie : à partir de là, vous payez le salaire garanti selon les blocs des ouvriers, d'abord à 85,88 %.

Attention : cette condition d'ancienneté ne s'applique pas en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle. Vous payez alors dès le premier jour de maladie, même pendant le premier mois.

Salaire garanti et rechute : la règle des 8 semaines

Depuis le 1er janvier 2026, le délai de rechute est de 8 semaines. Jusqu'à fin 2025, il était de 14 jours. La règle fonctionne ainsi : si le travailleur retombe malade dans les 8 semaines qui suivent la fin d'une maladie pour laquelle vous avez payé un salaire garanti, aucune nouvelle période de salaire garanti ne s'ouvre.

Il existe deux exceptions :

  1. Si la période précédente n'était pas épuisée, vous payez encore le solde.
  2. Si le travailleur prouve par certificat médical que la nouvelle incapacité résulte d'une autre maladie ou d'un autre accident, une nouvelle période de salaire garanti commence.

Prenons une employée. Elle est malade du 20 février au 1er mars, reprend le travail le 2 mars et retombe malade le 6 avril pour la même affection. C'est dans les 8 semaines. Vous ne payez plus que les 20 jours restants de la première période. Avec l'ancienne règle de 14 jours, vous auriez payé une nouvelle période complète de 30 jours.

Le nouveau délai vaut pour les incapacités qui commencent à partir du 1er janvier 2026. Vous tenez toutefois compte des périodes de maladie de 2025 : une maladie qui débute le 15 janvier 2026 peut être une rechute d'une maladie de décembre 2025.

Le salaire garanti après un accident du travail

En cas d'accident du travail, d'accident sur le chemin du travail ou de maladie professionnelle, d'autres règles s'appliquent. Vous payez d'abord, mais l'assureur accidents du travail ou Fedris vous verse les indemnités journalières de cette période.

  • Ouvrier. Les 7 premiers jours, vous payez 100 % de la rémunération normale. Pendant les 23 jours civils suivants, vous versez une avance égale à la rémunération normale, et l'assureur vous rembourse les indemnités journalières de cette période. Après le jour 30, l'assureur paie directement le travailleur.
  • Employé. Vous payez la rémunération normale pendant 30 jours. L'assureur vous rembourse les indemnités journalières de ces jours. Un employé sous contrat de moins de 3 mois suit le régime de l'ouvrier.

Aucune condition d'ancienneté ne s'applique. Même un ouvrier engagé la veille reçoit sa rémunération dès le premier jour. Déclarez donc l'accident rapidement à votre assureur, sinon vous avancez l'argent plus longtemps.

Quand le travailleur perd-il son salaire garanti ?

Le travailleur peut perdre son droit pour les jours qui précèdent le manquement. C'est le cas dans trois situations :

  1. Il ne vous prévient pas immédiatement de sa maladie, sauf force majeure.
  2. Il ne remet pas à temps le certificat médical demandé. Sans autre règle dans une CCT ou le règlement de travail, le délai est de 2 jours ouvrables. Plus de détails dans notre article sur le certificat médical et l'employeur.
  3. Il se soustrait sans motif légitime au contrôle d'un médecin contrôleur.

La perte vaut pour les jours de maladie qui précèdent l'avertissement, la remise du certificat ou le contrôle. S'il remet son certificat en retard, vous pouvez refuser la rémunération jusqu'au jour où il le remet ou l'envoie. Ensuite, le salaire garanti court normalement.

Deux autres situations excluent totalement le salaire garanti : un accident lors d'une compétition sportive rémunérée et une incapacité due à une faute grave du travailleur. Depuis le 1er janvier 2026, vous ne payez pas non plus de salaire garanti si un travailleur tombe malade pendant une reprise partielle du travail autorisée par le médecin-conseil, quelle que soit la durée de cette reprise.

Les erreurs fréquentes des employeurs avec le salaire garanti

Ces cinq erreurs reviennent souvent :

  1. Calculer encore la rechute sur 14 jours. Ouvrir une nouvelle période pour une rechute dans les 8 semaines, c'est payer jusqu'à un mois de trop.
  2. Appliquer le mauvais régime aux contrats courts. Un employé sous contrat de moins de 3 mois n'a pas droit à 30 jours de rémunération complète.
  3. Payer des jours sans travail. Les jours de chômage temporaire ou de fermeture collective pendant la maladie ne sont pas des jours payés.
  4. Compter la maladie pendant les vacances comme des vacances. Depuis le 1er janvier 2024, vous payez le salaire garanti pour ces jours et les jours de vacances sont reportés. Lisez aussi notre article sur la maladie pendant les vacances.
  5. Aucune obligation de certificat dans le règlement de travail. Sans règle, vous devez demander le certificat à chaque fois, et le délai ne court qu'à partir de votre demande.

Après le 30e jour : mutuelle, cotisation de solidarité et réintégration

Après la période de salaire garanti, la mutuelle verse 60 % de la rémunération brute plafonnée. Pour vous, le coût ne s'arrête pas toujours là.

  • Cotisation de solidarité. Si vous occupez en moyenne 50 travailleurs ou plus, vous payez pour les incapacités qui débutent à partir du 1er janvier 2026 une cotisation de 30 % sur les indemnités de 2 mois à partir du jour 31. Elle concerne les travailleurs de moins de 55 ans. Si la mutuelle verse 3 500 € sur cette période, vous payez 1 050 €.
  • Signalement au médecin du travail. Toute incapacité de 4 semaines ou plus doit être signalée au médecin du travail de votre service externe de prévention.
  • Réintégration. Avec 20 travailleurs ou plus, vous lancez un trajet de réintégration dans les 6 mois si le travailleur a un potentiel de travail.

Tous les changements de cette année figurent dans notre actualité sur la réintégration en 2026.

Check-list pour payer correctement le salaire garanti

  1. Notez le premier jour de maladie et vérifiez si le travailleur a encore travaillé ce jour-là (salaire journalier garanti).
  2. Vérifiez le statut : ouvrier, employé sous contrat ordinaire ou employé sous contrat de moins de 3 mois.
  3. Regardez si une maladie avec salaire garanti s'est terminée au cours des 8 dernières semaines. Si oui, c'est une rechute et vous ne payez que le solde.
  4. Vérifiez l'ancienneté des ouvriers et des contrats courts.
  5. Transmettez à temps les jours de maladie à votre gestion salariale, avec le certificat.

Ce que Business Centrum fait pour vous

Business Centrum traite les périodes de maladie dans votre gestion salariale, en collaboration avec Acerta. Nous appliquons le bon régime à chaque travailleur (ouvrier, employé, contrat court), comptons les rechutes d'une année à l'autre et vous prévenons quand le délai de 8 semaines ou de 6 mois arrive à échéance. La maladie et les congés passent par notre service congés et absences.

Salaire garanti en Belgique : questions fréquentes

Combien de jours de salaire garanti pour un employé en Belgique ?

Un employé sous contrat à durée indéterminée ou d'au moins trois mois reçoit 100 % de sa rémunération pendant les 30 premiers jours civils de maladie, à charge de l'employeur. Aucune condition d'ancienneté ne s'applique. À partir du 31e jour, la mutuelle verse une indemnité.

Un ouvrier a-t-il droit au salaire garanti pendant son premier mois ?

Non. L'ouvrier doit compter un mois d'ancienneté ininterrompue. S'il atteint ce mois pendant sa maladie, il reçoit le salaire garanti pour les jours restants des 30 premiers jours. Pour les jours précédents, il s'adresse à sa mutuelle.

Que signifie la rechute dans les 8 semaines ?

Si le travailleur retombe malade dans les huit semaines qui suivent la fin d'une maladie pour laquelle vous avez payé un salaire garanti, vous ne payez pas de nouvelle période. Vous payez seulement le solde de la première période. S'il prouve par certificat médical qu'il s'agit d'une autre maladie, une nouvelle période commence.

Qui paie après 30 jours de maladie ?

Après le salaire garanti, la mutuelle verse 60 % de la rémunération brute plafonnée. Les employeurs qui occupent en moyenne 50 travailleurs ou plus paient toutefois, pour les incapacités qui débutent en 2026, une cotisation de solidarité de 30 % sur les indemnités du deuxième et du troisième mois, pour les travailleurs de moins de 55 ans.

Dois-je payer le salaire garanti si le travailleur tombe malade pendant ses vacances ?

Oui. Depuis 2024, vous payez le salaire garanti pour les jours de maladie pendant les vacances annuelles et le travailleur conserve ses jours de vacances. Il doit toujours vous remettre un certificat médical et vous communiquer son adresse s'il n'est pas chez lui.

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Sources

Chaque montant et chaque délai de cette page a été vérifié auprès de ces sources officielles, consultées pour la dernière fois le .

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