En Belgique, le préavis de l'employeur dépend de l'ancienneté et, depuis 2026, aussi de la date d'entrée du travailleur. Si l'exécution du contrat a commencé le 1er août 2026 ou plus tard, vous donnez 1 semaine de préavis pendant les 6 premiers mois. Pour les contrats débutant à partir du 1er juin 2026, le préavis est plafonné à 52 semaines.
Quelles règles s'appliquent depuis 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2014, un seul tableau légal vaut pour les ouvriers et les employés. En 2026, deux lois l'ont modifié, uniquement pour les nouveaux contrats :
- la loi du 18 mai 2026 portant des dispositions diverses relatives au travail (Moniteur belge du 1er juin 2026) instaure le plafond ;
- la loi du 3 juin 2026 modifiant l'article 37/2 de la loi du 3 juillet 1978 relative aux contrats de travail, concernant les délais de préavis lorsque le travailleur compte moins de six mois d'ancienneté (Moniteur belge du 15 juin 2026), introduit le préavis d'une semaine.
La clé est donc le jour où le travailleur a effectivement commencé à travailler, tel que convenu dans le contrat, et non le jour de la signature.
Votre personnel se répartit ainsi en trois groupes :
- Entrée avant le 1er juin 2026. Le tableau habituel, sans plafond. Pendant les six premiers mois, le préavis va de 1 à 5 semaines.
- Entrée à partir du 1er juin 2026 et avant le 1er août 2026. Le même tableau, mais à partir de 17 ans d'ancienneté, le préavis s'arrête à 52 semaines.
- Entrée à partir du 1er août 2026. 1 semaine de préavis tant que l'ancienneté reste sous les 6 mois, ensuite le tableau ordinaire avec le même plafond.
Une convention collective de travail (CCT) sectorielle ne peut pas déroger à ces délais. Dans les secteurs qui appliquaient autrefois des délais dérogatoires aux ouvriers, comme la construction, le tableau ordinaire s'applique aussi depuis le 1er janvier 2018 : ce régime transitoire a pris fin. Ce que les nouvelles règles changent en pratique, avec un licenciement calculé pour chaque groupe, figure dans notre article sur les nouveaux délais de préavis 2026.
Le tableau du préavis de l'employeur selon l'ancienneté et la date d'entrée
Le préavis s'exprime en semaines. Choisissez la colonne qui correspond à la date d'entrée du travailleur.
| Ancienneté de moins de 5 ans | Entrée avant le 1er juin 2026 | Entrée dès le 1er juin 2026, avant le 1er août 2026 | Entrée dès le 1er août 2026 |
|---|---|---|---|
| moins de 3 mois | 1 | 1 | 1 |
| 3 à 4 mois | 3 | 3 | 1 |
| 4 à 5 mois | 4 | 4 | 1 |
| 5 à 6 mois | 5 | 5 | 1 |
| 6 à 9 mois | 6 | 6 | 6 |
| 9 à 12 mois | 7 | 7 | 7 |
| 12 à 15 mois | 8 | 8 | 8 |
| 15 à 18 mois | 9 | 9 | 9 |
| 18 à 21 mois | 10 | 10 | 10 |
| 21 à 24 mois | 11 | 11 | 11 |
| 2 à 3 ans | 12 | 12 | 12 |
| 3 à 4 ans | 13 | 13 | 13 |
| 4 à 5 ans | 15 | 15 | 15 |
| Ancienneté de 5 ans et plus | Entrée avant le 1er juin 2026 | Entrée dès le 1er juin 2026, avant le 1er août 2026 | Entrée dès le 1er août 2026 |
|---|---|---|---|
| 5 à 6 ans | 18 | 18 | 18 |
| 6 à 7 ans | 21 | 21 | 21 |
| 7 à 8 ans | 24 | 24 | 24 |
| 8 à 9 ans | 27 | 27 | 27 |
| 9 à 10 ans | 30 | 30 | 30 |
| 10 à 11 ans | 33 | 33 | 33 |
| 11 à 12 ans | 36 | 36 | 36 |
| 12 à 13 ans | 39 | 39 | 39 |
| 13 à 14 ans | 42 | 42 | 42 |
| 14 à 15 ans | 45 | 45 | 45 |
| 15 à 16 ans | 48 | 48 | 48 |
| 16 à 17 ans | 51 | 51 | 51 |
| 17 à 18 ans | 54 | 52 | 52 |
| 18 à 19 ans | 57 | 52 | 52 |
| 19 à 20 ans | 60 | 52 | 52 |
| 20 à 21 ans | 62 | 52 | 52 |
| 21 à 22 ans | 63 | 52 | 52 |
| 22 à 23 ans | 64 | 52 | 52 |
| 23 à 24 ans | 65 | 52 | 52 |
| 24 à 25 ans | 66 | 52 | 52 |
| 25 à 26 ans | 67 | 52 | 52 |
| chaque année entamée en plus | +1 | 52 | 52 |
Entre 5 et 20 ans, le préavis augmente de 3 semaines par année entamée. Ensuite, la progression ralentit : 2 semaines de plus à 20 ans, puis 1 semaine par année entamée à partir de 21 ans. En pratique, le plafond ne touchera que les travailleurs entrés le 1er juin 2026 ou plus tard et restés 17 ans, donc à partir de 2043. Un employeur qui licencie en 2045 un travailleur entré le 1er juin 2026, avec 19 ans d'ancienneté, donne 52 semaines au lieu de 60.
Indépendamment du plafond, une limite existe déjà à l'âge de la pension. Si vous donnez le préavis pour que le contrat prenne fin à partir du mois qui suit celui où le travailleur atteint l'âge légal de la pension, votre préavis est limité à 26 semaines.
Comment calculer le préavis de l'employeur en quatre étapes
- Déterminez la date de début d'exécution. Elle fixe la colonne du tableau. Regardez le premier jour de travail prévu au contrat, pas la date de signature.
- Déterminez le début du préavis. Le préavis commence le lundi qui suit la semaine de la notification. Une lettre recommandée produit ses effets le 3e jour ouvrable après l'envoi. Le samedi compte comme jour ouvrable, le dimanche et les jours fériés non.
- Comptez l'ancienneté à ce lundi. Vous comptez du premier jour de service jusqu'à la veille du début du préavis. Un travailleur entré le 1er mars a exactement six mois d'ancienneté le 1er septembre.
- Lisez le nombre de semaines et inscrivez-le dans la lettre. La lettre mentionne la date de début et la durée du préavis. S'il manque l'une des deux, le préavis est nul.
Employé ou ouvrier : le même préavis de licenciement
Pour un contrat ayant débuté à partir du 1er janvier 2014, le statut ne joue plus aucun rôle. Un employé et un ouvrier avec la même ancienneté reçoivent le même préavis. La différence porte seulement sur la rémunération qui sert à calculer une indemnité : l'employé a le plus souvent un salaire mensuel fixe, l'ouvrier souvent un salaire horaire.
Pour un ouvrier ou un employé déjà en service avant le 1er janvier 2014, vous additionnez deux parties. La partie I suit les anciennes règles pour l'ancienneté acquise avant cette date. La partie II suit le nouveau tableau pour l'ancienneté à partir du 1er janvier 2014. Chez les ouvriers, la partie I s'exprime souvent en jours, chez les employés en mois. Ce calcul est source d'erreurs : faites-le vérifier avant d'envoyer la lettre.
Exemples de calcul : trois dates d'entrée, trois résultats
Dans les trois exemples, l'employeur envoie la lettre recommandée le lundi 5 octobre 2026. Elle produit ses effets le jeudi 8 octobre, le préavis commence le lundi 12 octobre 2026.
Exemple A : employée en service depuis le 1er mars 2015, salaire brut de 3 500 € par mois. Le 12 octobre 2026, elle compte 11 ans et 7 mois d'ancienneté. Le préavis est de 36 semaines et court jusqu'au dimanche 20 juin 2027, sauf vacances ou maladie. Si vous préférez payer une indemnité compensatoire, voici le calcul. Le salaire hebdomadaire est de 3 500 € × 3 / 13 = 807,69 €. Sur le salaire mensuel fixe, l'indemnité de préavis vaut 3 500 € × 3 / 13 × 36 = 29 076,92 € brut. Les avantages acquis en vertu du contrat, comme une prime de fin d'année, s'y ajoutent, et en pratique on y inclut aussi le double pécule de vacances d'un employé. Sur ces 29 076,92 €, vous retenez 13,07 % de cotisations ONSS, soit 3 800,35 €. Comme le préavis atteint au moins 30 semaines, vous proposez un outplacement et déduisez 4 semaines de l'indemnité : vous payez 32 semaines, soit 25 846,15 €, plus un outplacement d'une valeur d'au moins 1/12 du salaire annuel. Avec un salaire annuel brut de 45 500 € en 2025, cela fait 3 791,67 €.
Exemple B : ouvrier en service depuis le 1er juin 2026, salaire horaire de 17,50 € pour 38 heures par semaine. Le 12 octobre 2026, il compte 4 mois et 11 jours d'ancienneté. Son contrat a commencé avant le 1er août 2026, l'ancien tableau s'applique donc : 4 semaines. Le salaire hebdomadaire vaut 17,50 € × 38 = 665 €. Une indemnité compensatoire s'élève à 4 × 665 € = 2 660 € brut.
Exemple C : employée en service depuis le 3 août 2026, salaire brut de 2 800 € par mois. Le 12 octobre 2026, elle compte un peu plus de 2 mois d'ancienneté et son contrat relève de la nouvelle règle. Le préavis est d'1 semaine et se termine le dimanche 18 octobre 2026. Une indemnité compensatoire vaut 2 800 € × 3 / 13 = 646,15 € brut.
Deux travailleurs avec presque la même ancienneté peuvent donc recevoir un préavis différent. Celui qui est entré le 31 juillet 2026 et part après cinq mois reçoit 5 semaines. Celui qui est entré le 1er août en reçoit 1.
Préavis presté ou indemnité compensatoire ?
Vous avez deux options. Avec un préavis presté, le travailleur continue à travailler jusqu'à la fin du délai et vous continuez à payer le salaire. Avec une indemnité compensatoire de préavis, le contrat prend fin immédiatement et vous payez en une fois la rémunération correspondant à tout le préavis. Vous pouvez aussi combiner : faire prester d'abord, puis rompre et payer le reste du délai en indemnité.
L'indemnité comprend la rémunération en cours et les avantages auxquels le travailleur a droit en vertu du contrat, d'une CCT ou de l'usage : prime de fin d'année, chèques-repas, voiture de société, assurance groupe. Pour une rémunération variable, prenez la moyenne des 12 mois précédant le licenciement. N'oubliez pas le pécule de vacances de sortie d'un employé, ni la prime de fin d'année au prorata des mois prestés si votre commission paritaire la prévoit en cas de licenciement : ces montants s'ajoutent à l'indemnité.
Que choisir ? Un préavis presté coûte moins cher si le travailleur reste productif, mais un travailleur licencié n'est pas toujours motivé et a droit à du congé de sollicitation. Une indemnité pèse plus sur la trésorerie, mais la situation est claire tout de suite. Pour un long préavis, pensez aussi aux suspensions : chaque période de maladie reporte la fin.
Quelle ancienneté compte pour calculer le préavis ?
L'ancienneté est la période pendant laquelle le travailleur est resté sans interruption au service de votre entreprise. Elle comprend :
- les contrats successifs chez le même employeur, même si le premier était un contrat à durée déterminée ;
- les périodes de suspension, comme la maladie, les vacances ou le chômage temporaire ;
- la période d'intérim dans la même fonction, jusqu'à 1 an maximum, si vous avez engagé le travailleur juste après.
Cette dernière règle ne vaut qu'en cas de préavis donné par l'employeur. Une interruption d'une semaine ou moins entre deux missions d'intérim compte comme période d'occupation. Une vraie interruption entre deux contrats chez vous peut en revanche rompre l'ancienneté.
Que se passe-t-il pendant le préavis ?
Suspension. Pour un préavis donné par l'employeur, la maladie, les vacances annuelles, le repos de maternité, le chômage temporaire et certains congés arrêtent le préavis. Le délai reprend après la suspension. La marche à suivre en cas de maladie figure dans notre article sur la maladie pendant le préavis.
Congé de sollicitation. Le travailleur peut s'absenter avec maintien de sa rémunération pour chercher un emploi : une demi-journée par semaine, et un jour par semaine pendant les 26 dernières semaines du préavis. Avec un préavis court, tout tombe dans cette dernière période. Si le travailleur bénéficie d'un outplacement, il peut s'absenter un jour par semaine pendant toute la durée du préavis.
Contre-préavis. Si le travailleur trouve un nouvel emploi, il peut partir avec un préavis réduit : 1 semaine sous les six mois pour les contrats débutant à partir du 1er août 2026, et 4 semaines à partir d'un an de service. L'employeur ne peut pas donner de contre-préavis. Si un travailleur démissionne de lui-même, son préavis ne dépasse jamais 13 semaines.
Outplacement et employabilité à partir de 30 semaines
Si le travailleur a droit à un préavis d'au moins 30 semaines, vous devez lui proposer un outplacement : 60 heures d'accompagnement. Avec un préavis presté, vous faites l'offre par recommandé au plus tard 4 semaines après le début du préavis. Avec une indemnité, l'accompagnement a une valeur de 1/12 du salaire annuel, avec un minimum de 1 800 € et un maximum de 5 500 € hors TVA. Les travailleurs d'au moins 45 ans avec un an de service ont aussi droit à un outplacement en cas de préavis plus court, selon un régime distinct.
À partir de 30 semaines, le travailleur a aussi droit à un budget de 1 840 € pour des formations ou du coaching, qu'il demande à l'ONEM. Vous ne le payez pas séparément : l'ONEM le finance avec les cotisations patronales sur la dernière partie du préavis. Pendant un préavis presté, le travailleur doit toutefois pouvoir s'absenter avec maintien de la rémunération pour suivre ces mesures. Vous trouverez les détails dans notre article sur l'outplacement obligatoire.
Modèle de lettre de préavis
Envoyez le préavis par recommandé ou faites-le signifier par un huissier de justice. En Flandre, la lettre à votre travailleur doit être rédigée en néerlandais (législation sur l'emploi des langues). Voici une base en néerlandais :
[Naam werkgever, adres, ondernemingsnummer]
Aangetekend aan [naam werknemer, adres]
[Plaats], [datum van verzending]
Betreft: opzegging van uw arbeidsovereenkomst
Geachte [naam],
Wij beëindigen uw arbeidsovereenkomst voor onbepaalde duur met een opzegtermijn van [aantal] weken. De opzegtermijn begint op maandag [datum] en eindigt, behoudens schorsing, op [datum].
[Kies: U presteert de opzegtermijn. / U bent vrijgesteld van prestaties tijdens de opzegtermijn.]
Met vriendelijke groeten,
[Naam en handtekening van de bevoegde persoon]
La même lettre en français, que vous utilisez telle quelle en Wallonie ou, pour un travailleur francophone, à Bruxelles :
[Nom de l'employeur, adresse, numéro d'entreprise]
Recommandé à [nom du travailleur, adresse]
[Lieu], le [date d'envoi]
Objet : préavis de licenciement
Madame, Monsieur,
Nous mettons fin à votre contrat de travail à durée indéterminée moyennant un préavis de [nombre] semaines. Le préavis prend cours le lundi [date] et se termine, sauf suspension, le [date].
[Au choix : Vous prestez votre préavis. / Vous êtes dispensé(e) de prestations pendant le préavis.]
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.
[Nom et signature de la personne habilitée]
Des versions complètes pour un préavis presté, une dispense de prestations et une rupture immédiate figurent dans notre modèle de lettre de licenciement.
Les erreurs fréquentes des employeurs sur le préavis
- Remettre la lettre en mains propres. Un préavis de l'employeur est nul s'il n'est pas envoyé par recommandé ou signifié par huissier. Le licenciement reste acquis, mais vous payez une indemnité.
- Oublier la date de début. Si la date de début ou la durée manque dans la lettre, le préavis est nul. Là aussi, une indemnité suit.
- Prendre la mauvaise colonne. Un travailleur entré fin juillet 2026 ne relève pas de la semaine de préavis. Vérifiez la date d'entrée dans la Dimona et dans le contrat.
- Envoyer trop tard au sixième mois. Voir l'encadré plus haut : envoyer une semaine plus tard peut coûter cinq semaines de préavis en plus.
- Manquer l'offre d'outplacement. À partir de 30 semaines, l'offre doit être faite par recommandé et dans les délais.
- Oublier la motivation. Après les 6 premiers mois, le travailleur peut demander les motifs concrets de son licenciement (CCT 109). Vous répondez par recommandé dans les 2 mois. Sinon, vous payez une amende de 2 semaines de rémunération. En cas de licenciement manifestement déraisonnable, le juge peut accorder jusqu'à 17 semaines de rémunération.
- Les documents sociaux. Le C4 doit être prêt au plus tard le dernier jour de travail, avec le bon motif et la période couverte par l'indemnité.
Business Centrum calcule le préavis sur la bonne date d'entrée et la bonne ancienneté, rédige la lettre recommandée et intègre correctement l'indemnité, le pécule de vacances de sortie et la prime de fin d'année dans la dernière fiche de paie. Le C4 et la Dimona de sortie suivent dans votre administration salariale, en collaboration avec Acerta. Vous hésitez sur un licenciement ? Nous examinons le dossier au préalable via notre service contrats de travail.

